Archive for the ‘Textes’ Category

La folie des sports mécaniques envahit montagnes et chemins

mars 2, 2007

Malgré les discours sur l’écologie et le changement climatique, rien n’arrête le moteur à explosion qui, au nom de la liberté et de l’aventure, envahit les espaces encore à peu près calmes à coups de 4×4, de quads et autres buggys. Les « loisirs motorisés » sont non seulement tolérés, mais encouragés par nombre de communes.

Claude Barone – 22 février 2007

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Le Dakar, laboratoire du développement durable?

janvier 27, 2007

Le Dakar, un nouveau moteur pour le développement durable ? Le grand spectacle du Dakar, épreuve phare de la compétition automobile mondiale, cache assez mal l’insupportable conflit de performances qui s’y joue. Plein cadre, des engins rutilants conduits avec maestria par des femmes et des hommes se mesurant sur le registre du dépassement de soi. En contrechamp, des infrastructures rudimentaires tenues à bout de bras par des femmes et des hommes dont la performance consiste à gagner 1 euro par jour pour «nourrir» la famille.

Certes, un effet induit presque bénéfique échappe à la caravane qui passe : la population locale a appris par nécessité comment récupérer les fûts de carburant vides, les découper et les utiliser comme tôle pour réparer la toiture de la case ; cette même population a découvert aussi que l’huile de vidange peut servir pour badigeonner le bois qui sert de charpente et ainsi la protéger contre l’humidité et les insectes. Le partage de l’abondance s’arrête cependant ici, et la population reçoit pour le reste les nuages de pollution que la technologie triomphante laisse, sans vergogne, sur le chemin de son épopée. Ne faut-il pas avancer les termes d’une critique plus inventive ?

Le Dakar ne pourrait-il pas devenir le modèle de la course au développement durable, la première course mécanique valorisant la performance environnementale ? Imaginons, entre Nord et Sud, des engins utilisant des carburants d’origine végétale produits localement, des bolides faisant la démonstration des avancées technologiques les plus innovantes et dont la performance serait mesurée à l’aune de critères écologiques, une course encadrée non par des techniciens européens mais par des locaux formés à ces technologies propres.

Le gagnant de cette course transformée en véritable laboratoire du développement durable serait alors célébré non plus comme le plus rapide, le plus prompt à passer sur les drames que vivent les populations locales, mais comme le plus propre, le plus économique, le plus socialement performant. Le Sud gagnerait une partie de la maîtrise de son environnement et de son développement, le Nord y trouverait le moteur de quelques avancées technologiques cruciales. Accessoirement, les constructeurs automobiles y gagneraient une vitrine médiatique dont, enfin, ils pourraient décemment être fiers.

Yves Guibert, membre d’IDS (Initiatives Développement Stratégies)
Libération du mercredi 24 janvier 2007

Stop au circuit de Bresse !

décembre 12, 2006

Communiqué de Presse du mardi 12 décembre 2006

En Bresse, la Confédération des associations de protection de l’environnement et de la nature en Saône et Loire se bat aux côtés de l’association locale Vigilance Nature Environnement Bresse Revermont contre un circuit automobile fonctionnel depuis mars 2006, extrêmement bruyant et qui présente de singulières anomalies.

Celui-ci se situe en Bresse, à Milleure commune de Sagy(1). Les riverains se plaignent du bruit et les associations contestent son fonctionnement. Le rapport de la DDASS(2) 71 du 29/06/2006 donne les résultats des mesures in situ faites durant quatre journées de mai, dans des conditions météorologiques différentes, et pour des riverains situés dans des hameaux différents. Dans la conclusion on peut noter notamment : « Il peut être constaté que le bruit lié au circuit peut ne pas être réglementaire en tout point de mesure. […] Même avec un faible nombre de véhicules sur le circuit le bruit émis peut ne pas être réglementaire ». L’émergence sonore (nombre de décibels autorisés en plus du bruit de fond habituel), dans le contexte juridique français, à cette époque, ne devait pas dépasser, 6 dBA. Or, les émergences mesurées varient mais pour certaines maisons elles sont toujours au-dessus des 6 dBA. La plus forte valeur enregistrée étant une émergence de 14,5. On comprend donc aisément les réactions des riverains !

A présent ce circuit a été homologué par arrêté du Ministre de l’intérieur(3). Cet arrêté a été pris malgré le non respect prouvé de la réglementation. Par ailleurs il comporte une anomalie notoire dans sa rédaction : « à compter de mars 2007, la limite d’émergence sonore devra être inférieure à 95 décibels » ! Aujourd’hui la limité d’émergence est fixée à 5 dBA en période diurne par un décret qui doit être respecté.(4)
Les associations viennent de formuler un recours gracieux contre cet arrêté et sont prêtes, si l’Etat n’y répond pas favorablement, à saisir le Conseil d’Etat.

Elles appellent à manifester le samedi 16 décembre 2006 car le propriétaire du circuit annonce que les essais du Paris Dakar se feront sur son circuit ce week end là.

La fédération France Nature Environnement apporte son soutien à ses associations dans cette lutte. Comment admettre, en effet, que l’Etat à la fois réalise un Plan National santé-environnement qui reconnaît, dans son diagnostic, le bruit comme l’une des pollutions environnementales ayant des effets en terme de santé et en même temps n’en tienne pas compte dans ses décisions d’autorisation ?

1 : http://www.circuitdebresse.fr/
2 : Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale.
3 : Arrêté du 2 octobre 2006 portant homologation du circuit de vitesse de Bresse.
4 : Décret 2006-1099 31/08/2006 art 1er modifiant l’article R1334-33 du Code de la santé publique.

Contact(s) Presse CAPEN 71 : Thierry Grosjean 08 71 38 89 64
FNE : Georges Perret 05 61 21 85 24
FNE : service communication : 01 47 07 46 34

Des vies à Dakar

mai 13, 2006

S’intéresser aux habitants de Dakar ou faire la course ?
Dakar : vivre avec 2 dollars par jour
Article de Philippe Bernard paru dans Le Monde du 12.05.06
Extrait : « Mystère insondable pour des budgets familiaux européens, mais réalité africaine courante, Combé Goudiaby, veuve et chargée de famille, vit avec moins que les fameux « 2 dollars par jour » qui constituent le seuil de pauvreté des statistiques internationales, l’étalon de la misère du Sud et le quotidien de 68 % des Sénégalais, selon le dernier rapport de l’ONU sur le développement humain. »
L’article complet

Rallye Paris-Dakar : arrêtons le massacre de ces chauffards du désert !

janvier 21, 2006

Qui a dit qu’il n’y avait que des occidentaux riches pour s’opposer au rallye ?
En Afrique aussi, il y a des gens qui n’aime pas que leurs pays servent d’espace de jeu néo-coloniale.

Rallye Paris-Dakar : arrêtons le massacre de ces chauffards du désert !

Sud Quotidien (Dakar)
OPINION
21 Janvier 2006
par Modou Mamoune FAYE, journaliste

La nouvelle est annoncée laconiquement dans les nouvelles brèves d’une radio internationale : «Boubacar Diallo, un garçon de dix ans, est mort ce matin, heurté par une voiture sur le Paris-Dakar, entre Labé en Guinée et Tambacounda au Sénégal».

Et l’envoyé spécial de la radio de préciser que l’enfant était avec ses parents au moment où la voiture l’écrasait mortellement, y allant même de ses conseils un peu déplacés, comme s’il voulait culpabiliser ces derniers : «Les spectateurs doivent se tenir le plus loin possible de la route et ne jamais tenter de la traverser». Les organisateurs, eux, ont publié un communiqué tout aussi laconique : «Un jeune garçon d’une dizaine d’années, venu avec ses parents assister au passage du rallye, a été heurté par le véhicule N.420 de la catégorie auto alors qu’il traversait la route». Le Dakar a encore tué. Et impunément car le chauffard du désert qui a arraché la vie à ce garçon de dix ans ne sera peut-être jamais poursuivi par la justice. Les organisateurs feront juste un peu d’humanitaire hypocrite en allant rendre visite à des parents déboussolés et meurtris, qui seront vite abandonnés à leur misère, leur pauvreté et leur solitude ; ou en distribuant quelques babioles sous le regard complice des caméras des grandes chaînes de télévision plus préoccupées par l’audimat et les revenus publicitaires que par la disparition d’un petit Africain qui a eu le culot de se retrouver sous les roues d’un mastodonte qui veut coûte que coûte rejoindre les rives du Lac Rose avant de parader à la Place de l’Indépendance à Dakar. Le tueur va sans doute sabler le champagne, dans quelques jours, devant des spectateurs plus préoccupés par leur survie quotidienne que par le désir d’aventure et d’exotisme de ces tueurs du désert.

Le jeune Boubacar Diallo venait juste de passer, avec sa famille, la Tabaski (Aïd El Kébir), véritable fête des enfants, et ne savait pas, en se rendant sur le parcours du Dakar, qu’un chauffard allait tout bêtement mettre fin à sa vie. Scandaleux ! Quand est-ce que les autorités des pays traversés par le rallye réagiront-elles pour mettre fin à ce cycle meurtrier qui, chaque année, enlève la vie à d’innocentes victimes ? En France, la mort d’un enfant par accident de la route aux abords des écoles donne lieu à des manifestations de parents d’élèves relayées dans les journaux de 20 h. Qui va manifester pour dénoncer la mort du jeune Guinéen de Labé ? Qui va brandir une pancarte ou une banderole le jour de l’arrivée du Dakar, devant ces chauffards du désert, pour leur donner un peu de mauvaise conscience ? Un enfant ne doit pas mourir, et tous les pères et mères de famille savent bien de quoi nous parlons.

Et c’est d’autant plus scandaleux que cette mort pourrait être évitée si les organisateurs du rallye avaient pris le minimum de précaution pour sécuriser le parcours. Ils savent bien, pardi, que dans les villages qu’ils traversent les enfants jouent avec insouciance comme tous les enfants de la terre. La vie d’un jeune Africain a-t-elle moins de valeur que celle d’un jeune Européen ? Les organisateurs du rallye, s’il leur reste un peu d’humanité, ne devraient pas dormir ces prochains mois car ils ont la mort d’un garçon sur leur conscience. Ils devraient, ne serait-ce que pour rendre hommage à Boubacar Diallo, annuler toute réjouissance lors de l’arrivée de leur Dakar qui, malheureusement, porte le nom de notre capitale. Le sort des pauvres Africains est décidément lié au désert : soit ils y meurent de faim et de soif en tentant de rejoindre l’Eldorado européen, soit ils y sont tués sous les roues d’un riche aventurier guidé par l’exotisme et les sensations fortes.

Source : allafrica

Radio Libertaire

janvier 19, 2006

Émission Offensive de Radio Libertaire (89.4 fm en région parisienne et sur le net) :
Un membre du Collectif Anti-Jeux olympiques (CAJO) parle de la mobilisation de son collectif contre le Dakar en janvier 2006 :
Offensive libertaire et sociale -> Radio -> Semaine anti dakar

Arrêtez et reconvertissez vous en caravane de Paix et de développement

janvier 19, 2006

Communiqué de presse des Verts Maroc sur le rallye Dakar

Rallye Paris Dakar 2005 : Arrêtez et reconvertissez vous en caravane de Paix et de développement

Nous les Verts préoccupés par les échanges commerciaux et technologiques inégaux à l’échelle mondiale et par le mal développement caractérisé par les dégradations globales (effets de Serre qu’accentuent une crise écologique en Afrique dont les incidences sont la sécheresse, la désertification la déforestation la pollution des sols des eaux et de l’air, nous exhortons les 2400 participants du rallye 2006 d’arrêter leurs bolides qui massacrent et écrasent comme des mouches des innocents et nous demandons à Etienne Lavigne de reconvertir son armada du Paris Dakar en caravane de Paix et de développement.

Les 2400 personnes qui polluent la terre et l’air seraient les bienvenues sans leurs cylindrées dans les sites antiques et millénaires de notre région.

Nous rappelons à l’ensemble de l’opinion régionale et internationale les termes de l’une de nos recommandations stipulant l’interdiction des rallyes adoptée lors du séminaire (auquel a participé le Docteuir Moncef Merzouki) tenu sous le thème : « l’équation Droits de l’homme et Paix et son incidence sur l’environnement et le développement organisé les 3, 4 et 5 Octobre 1991 à Tunis par le Forum maghrébin pour l’environnement et le développement organisation dotée du statut consultatif auprès de l’ECOSOC des Nations Unies

Pour les Verts Maroc :
Fatima Alaoui, secrétaire générale du Parti des Verts Maroc

TEL ET FAX +21237727406

Et si ASO remboursait ?

janvier 18, 2006

Jean-Louis Silvestre, ancien fonctionnaire de l’ONU a perdu sa fille au Mali en 2000 renversée par un concurent du rallye Dakar. Depuis, il se bat pour faire disparaitre cette course, notamment en attaquant les subventions municipales octroyées par la ville de Narbonne (Aube) pour les années 2000, 2001 et 2003.

Jean-Louis Silvestre, ne voit pas « pourquoi pour quelle raison les
Narbonnais devraient donner de l’argent à une entreprise privée dont le
but essentiel est la recherche de profit ».
Le tribunal administratif de Monpellier lui a donné raison en considérerant que «ces aides à une entreprise privée sont illégales, car elles n’ont pas
permis de créer ou d’étendre une activité économique dans la commune».
ASO (Amaury Sport Organisation, anciennement TSO -Thierry Sabine Organisation-) devra donc rembourser la somme de 69 436 euros (pour 2000 et 2003 sur les 178.750 euros perçus). Le maire de la ville a décidé de faire appel.

Si le jugement en maintenu, la jurisprudence permettrait de ne plus financer ce genre d’événement dégradant avec de l’argent public. Et obliger d’autres rassemblements de masse (foot, Tour de France…) à réfléchir au rapport des sommes investies et de leur utilité sociale, écologique et mentale !

Pas de course en 2007

janvier 18, 2006

Les Verts demandent à ce qu’il n’y ai pas de course en 2007

DAKAR-2006 – LES VERTS DÉNONCENT UNE NOUVELLE FOIS LE DAKAR

PARIS, 17 jan, 18h23 (AFP) – Yann Wehrling, secrétaire national des Verts, a dénoncé mardi à l’occasion des voeux de son parti, l’organisation d’un rallye Dakar, estimant que c’est une « course indécente » et qu’il faut qu’il n’y ait pas d’édition 2007.

« La tuerie doit cesser, ça fait des années qu’on le demande », a déclaré M. Wehrling.

Le conseil national inter-régional des Verts, le week-end dernier, avait déjà donné son accord par acclamation à une demande similaire présentée par un membre du collège exécutif, Patrick Farbiaz, qui avait dénoncé « une véritable boucherie. »

Le rallye 2006 a été endeuillé par trois drames qui ont coûté la vie à deux garçons heurtés par des véhicules, vendredi et samedi, et au motard motard australien Andy Caldecott.

Malgré ces drames, le président du Sénégal Abdoulaye Wade, qui a assisté à la dernière étape sur les bords du Lac Rose, a estimé que le rallye-raid « est une très bonne chose », mais qu’il doit renforcer la sécurité pour éviter d’autres accidents mortels.

Vélorution contre le « Dakar », manifestation à Paris le 7 janvier

janvier 5, 2006

Fidèle au rituel, cette année encore le « Dakar » lance ses hordes de tout-terrains à l’assaut des derniers espaces vierges d’Afrique. Pendant toute sa durée, Vélorution dénonce cette mascarade qui pollue l’air et les esprits. Vélorution invite chacun à de vrais défis : abondonner sa voiture ou sa moto, faire du vélo, de la marche, trouver le goût pour la convivialité.

En janvier, dans toute la France, et à Lisbonne, des vélorutionnaires protesteront contre le « Dakar » (ex Paris-Dakar, maintenant Lisbonne-Dakar).

À Paris, départ le 7 Janvier à 14h place du Châtelet, organisation de courses de lenteur et autres jeux devant l’église Saint Sulpice à 15h.

Une vision passéiste de l’aventure

L’ « aventure » du Dakar cette année, c’est 750 véhicules à moteur roulant à toute vitesse pendant 9 000 kilomètres, des milliers de litres de carburant brûlés en pure perte, des centaines de kilomètres de piste défoncées. Participant dans toute sa violence à l’idéologie de la puissance, ce rallye présente une vision passéiste de l’aventure, célébrant la domination de l’Homme sur la nature. Pourtant, le vrai défi de l’Homme du XXIième siècle est d’abord de trouver une certaine harmonie entre son mode de vie moderne et le maintien d’un environnement vivable.

Exalter les comportements dangereux

La vitesse automobile et la conduite « sportive » sont des facteurs majeurs de dangerosité automobile. Magnifiant la performance de conduite et l’infaillibilité mécanique, les « sports » automobiles contribuent à l’insécurité routière et à la demande de véhicules inutilement rapides, dangereux et polluants. Chez lui, le téléspectateur est noyé sous un flux d’images de vitesse, moteur en sur-régime et autres « dérapages contrôlés ». Comment imaginer que, dans la rue, le citoyen entende les appels à la « modération automobile » !

Pollué – payeur

Transformant les paysages africains en simples décors de publicité, le Dakar participe doublement à leur destruction. Par le massacre sur son passage d’éco-systèmes très fragiles, et par l’invitation produire des gaz à effet de serre, dont les pays africains sont les premières victimes, dans une logique obscène du pollué – payeur. Les organisateurs décrètent volontiers le rôle positif de cette tartufferie en versant une maigre obole aux régions traversées. Alors que beaucoup d’africains se battent quotidiennement pour simplement assurer leur survie et celle de leurs proches, le spectacle des participants du Dakar jouant à se faire peur dans les dunes est simplement abject et inacceptable.

Vélorution demande aux sponsors publics de refuser d’associer leur nom à cette plaisanterie de mauvais goût. Vélorution réclame l’abandon du Dakar et de tous les « sports » automobiles.

Contact : presse@velorution.org

« Les cyclistes veulent recycler les terres empoisonnées par la voiture, en commençant par reconquérir pacifiquement la rue, petit à petit. Un partage juste et sans danger de l’espace public pour tous les usagers passe par la réduction de la vitesse de la voiture et des motos en ville, première étape dans le processus de leur éradication… » (Nicolas Carnoz, président honoraire de la Vélorution)

« Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite. » (Ivan Illich)

Source : Vélorution
Voir aussi : Carfree