Le Paris-Dakar entre sport et publicité

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En l’absence de compétitions sportives à l’occasion des fêtes de fin d’année en Europe, le Paris-Dakar comble le vide laissé par le football et les autres sports populaires chez le spectateur européen. Pour certains, aucune période ne devrait passer calme et sans passe-temps. Le sport sert ainsi à quelque chose, imaginez-vous !

Les pays africains que traversse ce rallye, qui est cette année à sa 28ème édition, profitent souvent de cette opportunité, mais surtout de cette grande présence médiatique, pour faire la promotion touristique de leurs sites naturels et vierges. C’est la vente du rêve, du soleil, des sables, des dunes, bref de tout ce qui est exotique. Seulement voilà, si beaucoup de personnes y voient une aventure humaine, d’autres considèrent qu’il ne s’agit là que d’une nostalgie coloniale qui se manifeste sous couvert sportif.

Rien pour ces derniers ne pourrait expliquer la mobilisation d’une caravane composée de 20 avions, 9 hélicoptères, 800 véhicules et 2100 personnes, ainsi que près de 350 journalistes de la presse écrite et audio-visuelle assurant une large couverture médiatique de cet événement qui génère d’énormes gains financiers et profits idéologiques.

En fait, plusieurs voix se sont élevées récemment pour dénoncer une compétition organisée par des sponsors français et « qui cache un brin de nostalgie du temps des colonies », dans la mesure où les habitants des régions traversées sont condamnés à jouer le rôle de « décor exotique pour individus en manque de sensations ».

Pour eux, la manière avec laquelle les médias couvrent cet événement dévoile grandement cette mentalité de colon. Ainsi, lorsqu’un pilote se tue en course, les journaux et les télévisions vont en faire la Une de leurs téléjournaux et des pages et des pages vont être dédiées à sa mort. Mais si le destin d’une fillette se heurte à une auto au désert, seules quelques lignes lui sont consacrées, « sans qu’on sache même son nom », dit-on encore. Un fait divers!

En 25 ans, les statistiques officielles présentent un bilan assez dangereux : 23 morts. Bien plus que cela, disent d’autres. « Ne nous y trompons pas, le Paris-Dakar est une immense caravane publicitaire dont le but est de vendre toujours plus de véhicules pour un semblant « d’aventure citadine ». « Si l’enduro du Touquet a été arrêtée pour protéger les dunes du littoral français, pourquoi ne pas faire autant avec le Paris-Dakar qui ne peut réserver de meilleur sort aux terres africaines ? Mais, « les terres africaines ne semblent pas en valoir autant « .

Par Nouri Zyad de Liberation (Ma) 04/01/2006

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