Dans les pages Rebonds de Libération du 18/01/2006, Maurice Mimoun est chef de service de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique à l’hôpital Rothschild (Paris) parle de sa douleur du Dakar :
Il y a quelques jours, un accident, mais le mot me semble tellement faible, une catastrophe infinie, un enfant est mort. Cet enfant ne demandait rien à personne et on n’a fait qu’un commentaire: «Le Dakar est endeuillé aujourd’hui, un enfant est mort percuté par une voiture» et, à la phrase suivante, «la prochaine étape sera…» et on cite le nom du vainqueur.
Il y a d’un côté ceux qui clament que l’on ne doit pas restreindre le plaisir mécanique de quelques occidentaux couverts de publicités et de l’autre la mort tragique d’un enfant :
Ce n’est pas courir le risque de mourir pour le plaisir qui me gêne, c’est le propre de la vie, c’est de le faire courir à des personnes qui n’y ont pas consenti. Un enfant est mort et la caravane passe.
Et de conclure :
L’enfant est mort sur l’autel de NOTRE plaisir, une sorte de sacrifice, en somme, et nous en parlons si peu. Mais l’enfant, c’est un visage aussi. Deux poids, deux mesures…
J’allume la télé. Pendant que j’ai écrit ce texte, un deuxième enfant est mort, l’horreur. Peut-on laisser continuer cela sans même y penser ? Et si on y pense, comment laisser continuer cela ?
Le débat, sur cette course, n’avance que par les morts.